La Faillite de TA Femme
Ça y est, j’aurai tout tenté. Je t’ai appelé. J’ai rédigé. J’y ai cru, depuis ton avocat d’avril 2025 à Québec, depuis mon Cancer qui m’a ôté tous mes organes, dans lesquels nous nous amusions à y fabriquer des enfants, jadis. Nos enfants. J’ai demandé. J’ai quêté. J’ai même osé implorer à nos enfants, aussi riches que toi, toi le « Philantrope » en tes propres mots, toi qui a donné ma part en charité pour tous et partout.
J’ai pleuré. J’ai braillé. J’ai gueulé mes droits avec la moitié de notre entreprise familiale, notre entreprise « familiale » dans laquelle ta puce évolue si bien, elle qui n’a rien vécu de nos vies, qui ne sait rien de toi, qui n’a bravé aucune tempête à la mesure des nôtres, qui dort dans mon lit à baldaquin depuis ma dernière maladie.
J’ai perdu ma vie pour toi. Toute ma vie pour toi. Tu m’as jeté autant que mes effets personnels dans les bennes à ordures devant la porte d’entrée, moi incapable d’y retourner. Même y monter le grand escalier. Nos fantômes. Mes crises de panique m’empêchant de respirer. La chienne de toi. La chienne de ressentir encore ce frisson du bruit de la porte d’entrée, ma vie filmée partout aux alentours, tout comme ma forêt magique que tu m’interdis pour y en promener d’autres, ainsi que celle que tu connais si bien, à qui tu as donné tous mes bijoux, toutes mes vestes et ma vie de souvenirs. Même les photos de mes bébés. Lorsque tu as offert mes meubles antiques aux voisins, meubles d’Europe que je chérissais et flattais depuis toujours. Tu les as fait disparaître tout tout comme moi.
Je ne suis qu’une épave pour laquelle tu as acheté une assurance-vie, plutôt que de m’offrir ma vie à moi, celle qui me revenait de droit, et sans aucun merci, sans me dire salut, toi tu t’es enfuit.
Sauver ta peau à toi comme toujours, conserver ta si belle image pour gravir encore plus haut, toujours la tienne, jamais rien pour moi, comme ma carrière que tu as rayé d’un coup sec pour notre enfant « différent » que j’ai élevé avec mon âme et jamais revu par la suite.
Ton image à toi depuis toujours, même le soir de mon agression sexuelle où tu m’interdis d’aller porter plainte le soir même pour m’y obliger quatre ans plus tard. Ton image oui… Que moi seule j’avais protégé depuis mon adolescence, moi qui t’avais tout donné, tout lavé tout repassé au fer chaud, jusqu’aux enfants que j’ai porté tour à tour au lit des mois entiers dans mes vingt ans. Enfants que tu as pris juste pour toi par la suite, à te plaindre de moi comme de la folle du village, ta femme malade, pour laquelle tu affectas la Police pour te protéger de moi… Et combien de fois ? Pour m’interdire d’écrire. Pour me défendre de vivre.
Ensuite, te protéger de moi, la protéger elle, me faire un dossier éternel, moi comme la criminelle, moi la malade.
Moi, ta seule femme.
Lorsque que toi, pendant tout ce temps, tu lui versais des bouteilles de Champagne avec l’argent de la compagnie « familiale », comme tous les voyages dans le monde dans lesquels nous dormions dans les plus grands hôtels, auparavant, mes chevaux qui hurlaient dans les champs de notre paddock, faute de soins. Faute de toi. Faute d’un mari qui n’existait même pas. Ni le Papa. Ni l’ami.
La faute aux médicaments que je devais prendre pour supporter mon rôle désormais, pour survivre à tes insultes, pour survivre à notre vie dans la richesse, la gloire et la luxure, que nous méritions depuis l’enfance oui, et que nous frôlions déjà merci.
Je suis partie. Je suis partie avec ta volonté, accusant ma maladie, suite à plusieurs morts cliniques, lorsque j’ai dû quitter les terres que tu m’as volé. Pour sauver mon âme. Revenir chez moi, au grand fleuve salé, croyant encore à tous les mensonges que tu m’avais inventé, à TON grand divorce de moi, sans argent, sans rien diviser de nos biens vu mes médicaments et mon suicide raté, tu m’as promis « monts et merveilles » en partant… Et moi, j’ai tout perdu. Je vis dans la rue.
Je perds donc tout demain, où là, ils me chasseront de ma petite maison. Demain matin. Moi qui n’a pas signé « ma quittance » de TA compagnie pour ta petite monnaie merci.
J’ai compris la mort de ton frère par suicide. Par manque d’enfants dans tout le désespoir du monde. Il est mort seul. Lui qui t’attendait lui aussi.
Lui qui t’attendait lui aussi.
Tout comme moi, d’ailleurs.
J’ai annulé la signature de ma « quittance » de TA compagnie pour sauver ma maison d’ici le mois prochain. Ma petite maison près du fleuve, avec mes cinq chiens avec lesquels je survis désormais. Mais…. Ton fils t’a vraiment trahi malgré toi, dans tous ses mensonges le gars perdu ce pauvre, m’avouant la vente de NOTRE entreprise, la relève enfin pour toi qui s’installe, celle que nous avions planifiée ensemble à cette heure exacte. Ton nouveau « chalet » aussi, de l’autre côté de mon fleuve, tes voitures qui flambent, tes bateaux à moteurs, mon propre château mort, décapité comme nous deux et qui existe encore, lui aussi mort que nous, aussi crevé que nous tous et vidé de vous, jusqu’aux galeries qui s’effondrent partout, tout comme moi. Comme tout ce que je t’ai donné. Même mon amour. Même ma vie.
Ainsi, sans le sou j’ai survécu selon ton désir, toi qui m’as tout arraché sans hésiter, toi qui as « maquillé » mon départ, puisque tu couchais déjà avec elle en même temps que moi.
Pendant que maintenant toi tu dors maintenant sur tous tes lauriers, avec quiconque à qui tu offres ma vie sans vergogne, je t’appelle pour régler nos comptes. Je te call pour ma moitié de mon cash, mon entreprise au nuage que j’avais inventé seule sous le drap du lit à baldaquin, qui créait mes uniques « nuages », moi clouée au lit malade, «mon faux ciel par d’arc-en-ciel », avec mes seuls « nuages » que je nommais déjà même par leurs noms, il y a plus de dix ans. Le nuage que tu prétends avoir inventé seul, toi le grand conquérant. Toi qui as « oublié » de mentionner que ce « nuage », c’était de moi. Et lorsque mon pays y logera aussi loin que mon père mort.
Un jour deviendrons-nous poussière, lorsque nos enfants n’auront jamais connu leur vraie mère, lorsque je t’implore aujourd’hui de sauver ma petite maison et mes chiens, ces uniques petits chiens qui remplacent maintenant tout ce que j’avais créé dans notre beau château, dans le fort fort lointain.
Je mérite maintenant ma paix pour la part de mes biens. Et cette dernière transaction coupera enfin notre dernier lien. À cause que ça n’en finit pas de ne pas en finir avec toi.
Pour enfin déchirer la vérité des conséquences. Et à force que nul n’est censé ignorer la Loi. Cette loi de la vie qui s’enfuit malgré moi et dans laquelle je serai enfin libre. Libérée de toi. Oublier mes enfants qui m’ignorent. À cause de toi.
Je ne signerai pas « ma quittance » de notre entreprise « familiale » sans la valeur de mes nuages qui planent. Pour la somme de toute ma vie, et que tu as scrapé de long en large. Pour sauver enfin ma maison sur mon fleuve salé et qui abrite les cinq petits chiens qui sont devenus mes enfants à la longue, à force d’avoir perdu les nôtres à cause de toi. Même le futur mariage de notre aîné auquel je ne suis pas invitée afin de ne pas te croiser, toi tu auras tout gagné… Même mes petits-enfants que je n’aurai jamais la chance de bercer.
Tu as même volé toutes mes larmes . Tu as cambriolé jusqu’à mon désespoir.
Ta mère te battait avec son bâton à clous. Tes cicatrices partout dans le dos et le crâne pour le prouver.
Ton frère en est mort.
Ton frère est mort de t’avoir sauvé.
Mais pas moi malgré toi. Mais pas moi malgré vous.
Je suis vivante et je me tiens debout. Je me tiens enfin debout et j’ai peur. Peur de toi. Crise de panique, besoin de mes vieilles pilules. Moi, j’ai même réappris à marcher à force de volonté. Je t’en prie maintenant. Donne-moi la quittance de ma vie aujourd’hui . Donne-moi la liberté à laquelle j’ai droit.
Déjà demain ma maison. Moi, j’aurai tout déjà perdu. Et moi pour toi, j’aurai toujours cru. Jusqu’à hier. Jusqu’à l’appel de l’avocat, derrière lequel tu te caches pour ta vérité cachée, demain moi je patienterai un accord URGENT de ta part. Je patienterai jusqu’à cinq heures moins le quart.
Ensuite, je dormirai. Seulement ensuite, je dormirai. Et toi, ne te restera que le souvenir de ta barre à clous d’enfance et de ton frère mort. Assassiné comme sur l’image avec les serpents qui en ressortirent enfin pour lui.
De ton Unique Femme, qui patiente jusqu’à cinq heures moins le quart. Car c’est sans cœur que la suite prendra sa forme. Et c’est ainsi que tu comprendras la colère d’une Dame qui marche encore.
Jill Côté
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